Le Centre aquatique de Millau que nous allons vous présenter est fortement inspiré par une enquête attentive du « génie des lieux ». Plus largement par son contexte urbain, humain et paysager. Nous avons œuvré en pensant aux usagers, à tous les usagers, en particulier aux personnes à mobilité réduite. L’organisation du handisport relaie maintenant les exploits sportifs mais il faut aussi l’intégrer au quotidien dans un tel établissement. Aussi, il y a « ceux qui ne baignent pas » et qui pourront également trouver dans le Centre aquatique de Millau, de quoi répondre à leurs attentes. Nous avons œuvré par la force du site, ce qui confère un rôle essentiel à la dimension paysagère et écoresponsable.

Notre premier regard s’est porté sur l’emprise du projet : de l’art de faire rive.

Le site du Centre aquatique de Millau est constitué d’une prairie en pente, sur la rive droite du Tarn. Situé en amont de la confluence avec la Dourbie et du centre historique de Millau. Lové dans un méandre que cet affluent de la Garonne aime adopter au sortir de son régime de gorges. Les différentes étymologies de son nom affirment sa double spécificité qui est de lier la « falaise », tan et la « rivière », ar. Cet hydronyme décrit parfaitement ce cours d’eau perçant, pressé, prompt à se répandre en crues redoutées. Surtout avant que son cours ne soit régularisé en amont de Millau, lorsqu’il est encore engorgé. Cette rive bucolique conserve le souvenir de cette tendance imprévisible en étant pour partie cartographie en zone PPRI (plan de prévention du risque inondation).

L’établissement de ce projet paysager, commence par l’aménagement des abords du chemin du Stade. Depuis le boulevard Émile Lauret qui longe le Tarn, en remontant son cours. Cette voie ourle les différentes installations sportives qui se développent à l’Ouest. Notamment l’arrière des tribunes du Stade, et organise des places de stationnements paysagers, en amplifiant les boisements ripisylves.
Au fil de l’eau, ce projet se développe en une promenade paysagère sinueuse et plantée, avec un cheminement séparé pour les circulations douces et les piétons.

Pour cette réalisation, nous avons fait le choix de reprendre en profondeur ce site afin de tirer au mieux parti de ses potentiels. En commençant par la ville, par ceux paysagers, pour en faire un lieu créateur de valeurs. de plus, il ne s’agit pas seulement des valeurs du sport, du bien-être ou du vivre ensemble mais aussi d’imaginer une place dynamique à ce dispositif. Le tout dans le développement touristique et donc économique de la ville, afin de contribuer à en faire un lieu de destination avec une offre complète pour séjourner.

C’est pourquoi les aménagements proposés avec ce projet sont évolutifs, tant en matière d’espace qu’en matière d’usage. C’est pourquoi nous avons projeté des espaces capables.

Ainsi les gradins construits face à la grande salle de grimpe permettront-ils d’organiser des compétitions de ces disciplines en pleine évolution. Mais ils pourront également accueillir des spectacles d’un tout autre genre, théâtral par exemple. On pense ici au très évocateur Felsentheater, ce théâtre de roche du château baroque de Hellbrunn à Salzbourg. Cet énorme bloc de roche creusé est aménagé dans un dispositif scénique naturel qui sert de décor « naturel » à des représentations. Avec ce dispositif, un nouveau monde devient possible, au service de l’imagination et de la créativité.

Le paysage monte depuis le bord du Tarn pour se transformer ce bâtiment-terrasses du « Jardin de la vallée ». Ce bâtiment largement ouvert déploie ses terrasses extérieures paysagères comme un vaste éventail gradiné. Il s’étage au fil de la pente jusqu’à se fondre dans l’aménagement paysager de la rive où il se prolonge.

De ce principe d’échange mimétique, équilibré et harmonieux entre nature et construction procède notre parti, à la fois architectural et paysager, paysager et architectural, celui d’un Belvédère aquatique paysager. Ce double parti imbriqué travaille sur l’inversion des rapports intérieur / extérieur et vide / plein, et les notions de « voir sans être vu ».

Après avoir travaillé à la spatialisation du programme et à l’organisation fonctionnelle des flux d’usagers du centre aquatique de Millau, à la fois selon les qualités et la précision des dispositions sportives désirées pour satisfaire à des compétitions aux normes, nous avons également cherché à éviter de projeter un établissement uniquement technique.

Avec des ambiances trop standardisées et cliniques, pour retrouver au-delà de la performance, des qualités plus sensibles, singulières et sereines. Afin de laisser s’exprimer toute la magie de l’eau, du site et de toute une gamme de sensations simples et naturelles.

Ainsi, alternent des environnements plus minimalistes, diffus et élémentaires, des espaces plus intimes, des zones de calme, de lumière plus tamisée où chacun pourra projeter son rapport particulier à l’eau et à son corps, pour se retrouver soi-même et avec les autres. Cette autre voie architecturale se dote d’une innovante et contagieuse sensibilité à l’émergent.

Cela passe aussi par l’emploi de matériaux simples mais suggestifs, sans superflu et laissant par endroits une place à l’irrégulier. Là où par exemple, un calepinage strict n’est pas indispensable pour composer un ensemble harmonieux.

Ainsi, à côté des nécessaires zones carrelées avec régularité, certains murs seront de béton peint. Ailleurs, le bois offrira par sa diversité une ambiance chaleureuse. La présence de l’eau et de ses reflets ainsi que de la végétation colore l’ensemble. Le tout en accord avec la lumière extérieure et l’animation des usagers.

Les façades seront habillées d’une composition de panneaux métalliques dont les teintes s’inspirent des couleurs environnantes. Un jeu subtil d’organisation abstraite reproduit les nuances colorimétriques dominantes de la ville de Millau.

Il y a aussi la volonté d’atténuer au maximum l’effet massif issu de la hauteur du volume d’escalade par le dessin graphique proposé sur les façades du projet.
L’intégration du projet dans son environnement, nous a conduit à proposer une couverture réalisée en membrane. Elle possédera une couleur qui s’harmonise au mieux avec les teintes des toitures environnantes.

L’orientation du centre aquatique de Millau est essentielle pour garantir un confort optimal aux usagers et au personnel. Offerts au Sud, les plages des bassins couverts s’orientent vers le paysage naturel. Ce dispositif panoramique est complété par l’emplacement bordé de gradins du bassin nordique. Il fera bon de nager en toute saison du haut de Belvédère d’eau, qui ménage de larges vues sur le grand paysage. Afin de profiter généreusement du soleil. Depuis les plages intérieures comme extérieures.

L’espace bien-être, zone plus intime, placé au-dessus de l’accueil afin d’accéder en toute tranquillité à un solarium privé panoramique, s’ouvre franchement sur la Punto d’Agast. L’organisation des bassins a aussi été influencée par l’orientation du bâtiment, afin de prendre en compte le confort spatial et visuel et la sécurité des utilisateurs.

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