Le caractère nécessaire à l’identité de la patinoire de Strasbourg est assuré par son image architecturale. Une composition à forte connotation signalétique est probablement la manifestation idéale d’un équipement à vocation de sports et de loisirs. Proposer une volumétrie repérable, d’un aspect contemporain et intégrée à l’environnement nous semble être une réponse à ce défi.

Il s’agit naturellement de proposer ici un équipement public à la fois représentatif d’une architecture contemporaine tout en intégrant la fonctionnalité complexe du programme proposé. Il s’agit aussi et surtout que l’édifice soit identifiable par chacun comme représentatif d’une patinoire de Strasbourg d’un type nouveau.

C’est dans cet esprit que la volumétrie se compose de volumes opaques, afin de suggérer la conservation de la glace. Animée d’éléments vitrés très identifiés et soigneusement mis en valeur selon leurs fonctions. L’esprit acéré de la glace se retrouve ensuite dans une composition aux volumes tranchants et massifs. Les voiles se rejoignent en définissant des arêtes vives. Les facettes ainsi créées capturent la lumière et en jouent dans une composition imprévisible. Une ample couverture rassemble ces éléments dans un élan puissant et fédérateur. Exprimant un certain monumentalisme qui sied à un édifice public de cette envergure.

De plus, la conjonction entre la longue courbure de la toiture et l’axe affirmé des rampes d’accès piétons dessine naturellement un large parvis conduisant à l’entrée principale. Aussi, l’accès public est marqué par un auvent dynamique qui se combine avec une échancrure de la toiture de la patinoire de Strasbourg. Elle-même expression visuelle extérieure de l’espace de jonction entre les deux pistes.

Un très large cône visuel oriente nécessairement les clients et spectateurs vers l’entrée du bâtiment et son parvis dominant. Tout cet espace est composé de façon à identifier clairement les différents types d’usage. On trouve tout d’abord, un bel accès piéton qui monte de la rue créée vers le parvis. Très ample, il se lie avec quelques emmarchements et présente un pas de patineur, en ponctuation. Cette incrustation au sol se retrouve sur toutes les zones piétonnes pour indiquer la direction de l’entrée principale.

Le cône des cycles se différencie par sa pente inverse à celui des piétons. Il est raccordé directement aux liaisons douces existantes. Ainsi, les dépose-minutes pour automobiles et bus font face au parvis, ainsi que l’aire de stationnement des motos et cyclomoteurs. Le parking des clients et spectateurs, est composé de deux aires afin de minimiser sont l’impact visuel. On trouve une cinquantaine de voiture à proximité immédiate du parvis et le restant des cent places à l’angle sud-ouest du terrain. Les bus sont aussi parqués dans cette partie de terrain.

Ainsi, tous ces stationnements sont dissimulés de l’extérieur par des haies arbustives ponctuées d’arbres. L’aire de service et les stationnements du personnel sont situés de façon à être peu lisible de la clientèle. Un vaste « jardin d’expression » du bâtiment s’ouvre sur toute la façade nord du terrain, afin d’offrir l’image de la patinoire de Strasbourg. Des strates engazonnées ponctuées d’un cheminement piéton descendent vers la patinoire ludique. Ces simples strates, telles des fragments d’iceberg, sont fractionnées de fines bandes de plantation colorées. Elles convergent toutes vers le parvis pour renforcer cette image de dynamisme.

L’élément majeur de la composition du plan est le hall d’accueil qui se trouve placé en surplomb entre les deux pistes afin d’offrir aux visiteurs un panorama idéal sur les activités ludiques et sportives.

En second lieu, il y a une volonté forte de transparence entre les deux pistes. Implantées sur un axe Nord/Sud, elles sont reliées par un ensemble d’éléments vitrés offrant la sensation d’unité de volume lorsque les pistes sont en communication. Le croisement de l’axe des pistes à celui, perpendiculaire, du hall d’accueil constitue le parti majeur de l’organisation volumétrique du plan.

La piste est construite sur un plan intégrant deux parties distinctes. Un rectangle de 26×45 permettant la pratique du curling et la zone purement ludique venant longer les bars. La différence des hauteurs de volumes traduit cette distinction. Les deux pistes assemblées forment un vaste ensemble souple dans sa forme offrant les diverses options d’utilisation prévues au programme.

L’espace olympique est organisé selon un plan symétrique. Les gradins fixes sont divisés en deux zones égales. La distribution s’effectue depuis des coursives hautes placées à 6,5m. Cette configuration permet de rapprocher les gradins au plus près de la piste. En outre Les spectateurs bénéficient d’une vision ample et majestueuse de la patinoire de Strasbourg avant d’accéder à leurs sièges.

Passé la caisse et le contrôle, le public emprunte un vaste escalier par tribune.  De chaque coté, un espace largement vitré sur la piste accueille bar et sanitaires. Le fonctionnement est simple et lisible.

Lorsque les gradins temporaires sont en place, deux escaliers amovibles conduisent les spectateurs au niveau de la piste afin de distribuer l’ensemble. Les équipements lourds et les gradins bénéficient de deux larges ouvertures mettant en communication les aires de services avec la piste.